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Rufus de Tomi Ungerer

"Autrement dit, dans cette situation la peinture n'est qu'une "surface" timide, réceptacle de la lumière fragile et vacillante, dont la fonction ne se différencie pas de celle du mur sableux. Raison pour laquelle nous attachons tant de valeur à l'âge ou à la patine pour choisir un rouleau peint. S'il s'agit d'une œuvre récente, même au lavis ou en couleurs légères, il conviendra d'être particulièrement attentif au risque qu'elle vienne gâcher le jeu d'ombre et de lumière du tokonoma" in Louange de l'ombre, Tanizaki Jun'ichirô (traduction Ryoko Sekigichi et Patrick HOnnoré, texte de 1933), Éditions Philippe Picquier.


l'illustration 1933
l'illustration 1933
l'illustration 1933

Les affiches, un spectacle artistique pour la rue et dans la rue, dans un village breton.
La typographie et l'alcool.
Un point d'interrogation.

 

 


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Collection « petite planète » (Seuil) sous la direction de Chris Marker de 1954 à 1964.
Mise en page : Juliette Caputo.
Le cartel est une photographie de l’exposition Chris Marker à la cinémathèque française en mai 2018.

Une analyse de la collection et notamment pour ses qualités graphiques, iconographiques et cinématographiques est lisible sur :  https://chrismarker.org/chris-marker-2/petite-planete/

Au détour d’une bibliothèque lire un Petite planète, au hasard, pas tout à fait, Gauguin n’était pas loin. Lire, médusée, mot après mot, le chapitre Vaines Vahinés et vérifier plusieurs fois que le texte date de 1960, de l’époque de la Nouvelle Vague.

Un « homme intelligent » dixit le cartel de l’exposition à la Cinémathèque invite à comprendre, - aux hommes ? occidentaux ? voyageurs?  fortunés dans le sens chanceux?-  comment saisir les moeurs de ces vahinés, « vaines », prêtes à se donner "pour une bicyclette".

Extraits :
« Peut-être obtiendrez-vous de la soumission si vous savez vous servir à l’occasion de vos poings pour illustrer vos qualités de mâle (…) ».
« Nul besoin d’une cour prolongée; nul besoin non plus de ces caresses mièvres qui font perdre du temps. Plus ce sera rapide, mieux cela vaudra ! Dans les tréfonds de son subconscient réservés à Éros, la tahitienne a bien gardé la mentalité primitive. En principe, durant le jour, les manifestations galantes sont rares ou très discrètes. Tout se passe la nuit, et le viol (tacitement consenti bien entendu) est la forme d’amour qui semble s’accorder le mieux avec les passages des mers du Sud… ».

Petite planète est un guide pratique qui donne des indications concrètes. Pour la destination Tahihi, les recommandations sont clairement voluptueuses. L’auteur du guide remarque l’indépendance libertine de la Vahiné « le plaisir qui passe devant elle est sa loi », mais regrette sa cupidité...

Heureusement, les expositions ne proposent à l’oeil que des couvertures, laissant l’imaginaire suivre cette « révolution éditoriale » sans s’interroger avec des digressions anachroniques.

D’une certaine manière, le texte Vaines Vahinés explique en creux la mythologie autour de ces portraits de femmes, couvertures-séduction. « Les vahinés sont probablement parmi les plus belles femmes de notre planète, du moins de treize à vingt-cinq ans. Après quoi leur tendance ancestrale à l’embonpoint très admiré jadis, prend le dessus; leurs seins alourdis par de nombreuses maternités se déforment et leurs traits s’empâtent ».

Toutes les femmes de ces couvertures, invitations aux voyages ne sont ni enlaidies par la maternité, ni par la fatigue, ni par les déceptions. Elles laissent l’imaginaire et le désir vagabonder. Elles n’ont pas le visage miné, ridé, marqué. Elles ont l’âge de tous les possibles où la moindre rencontre peut devenir une ensorcelante intrigue. Elles sont des promesses, des couvertures-aventures. Elles contribuent à la diffusion d'une plate-forme planétaire des fantasmes.

« En ce qui concerne les couvertures-portraits, on peut être tenté d’en trouver l’origine chez Michaux, auteur du poème «La Jetée» dont le titre deviendra un court métrage célèbre en 1962, dans Passages: «Un pays où les jeunes filles sont belles: bon pays. Pays où l’on a su vivre. L’espèce humaine y fut une réussite. Ce n’est pas rien.Dans le visage d’une jeune fille est inscrite la civilisation où elle naquit (…)»[8] » (https://chrismarker.org/chris-marker-2/petite-planete/))

Sur le visage d’une jeune femme s' inscrit le sceau du désir, glissent des projections pures. On ne risque pas d’être déçu (du voyage).  Le lisse grain de la carnation de la jeune fille se vend éternellement bien. La jeunesse se livre, telle une offrande silencieuse. La couverture est un leurre (mis au féminin). « Lors que vous débarquez, ébloui, sur les quais de Papeete, n’oubliez pas que la cohorte de belles filles qui monte à l’assaut du navire - par une passerelle et non pas à la nage comme du temps de Bougainville -, ne représente en rien l’aspect moyen de la vahiné des îles. (….).  Ne soyez donc pas trop déçu dans vos tournées… »

J’avais vu une belle jeune femme, libre, musicienne, cheveux au vent, l’annonce des années 1970. J’ai lu. Les mots rapetissent et écornent l’aventure éditoriale.

« Contrairement à la plupart des femmes de couleur, la vahiné est rigoureusement propre, d’une façon qui confine à la manie. Elle passe son temps à se doucher, à oindre ses cheveux de monoï… ».

Qu’ai-je lu des romancières de Tahiti ? Aucun mot en contrepoint.

Poursuivre :
Marie Vieux-Chauvet, Amour, Colère et Folie, Zulma, 2015
Et l’article Bons Baisers de Bousbir de Solène Langlais.
https://lundi.am/Solene-Langlais


Conception graphique : ÉricandMarie
Tatline/Van Doesburg
Ryan Gander / Farah Atassi
Conception graphique : ÉricandMarie
Conception graphique : ÉricandMarie
Conception graphique : ÉricandMarie
Conception graphique : ÉricandMarie
Conception graphique : ÉricandMarie

Hétéropies. Des avant-gardes dans l'art contemporain.
Catalogue d'exposition, Musées de la ville de Strasbourg, 2017.
Deux textes : L'aphasie des modernes de Pierre-Damien Huyghe. Des oiseaux et des ruines. D'utopies en hétérotropies de Marjolaine Lévy. 

Conception graphique : ÉricandMarie. 

"Dans l'art moderne, nous voyons le but artistique apparaître toujours plus clairement, plus exactement. Le spectateur est de moins en moins détourné de l'objectif artistique par des anecdotes ou des références à la nature, ce qui l'entourage fortement à procéder à une nouvelle mise en forme (activité esthétique re-créatrice). Il doit lui-même se montrer plus actif vis-à-vis de l'oeuvre d'art s'il veut la saisir correctement.", Théo Van Doesburg, Principes fondamentaux de l'art néo-plastique" : Théo van Doesburg, Beaux-arts de Paris les éditions, 2008, p.38.

 


Annie Le Brun
Annie Le Brun
Annie Le Brun
Annie Le Brun
Annie Le Brun

Annie Le Brun, SADE, Attaquer le soleil, musée d'Orsay, Gallimard, 2014. (Direction artistique et mise en page : Pierre Péronnet & Wijntje van Rooijen).

Annie Le Brun, Les Châteaux de la subversion, J.J. Pauvert aux Éditions Garnier Frères, 1982.

Annie Le Brun, Soudain un bloc d'abîme, Sade, J.J. Pauvert  chez Pauvert, 1986

Annie Le Brun, Vagit-Prop, Lâchez tout et autres textes, Ramsay, J.J. Pauvert, 1990


Ocampo

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Sculpture Undone 2011
Sculpture Undone 2011
Sculpture Undone 2011
Sculpture Undone 2011
Sculpture Undone 2011
Awkward objets
Awkward objets
Awkward objets
Awkward objets
Awkward objets
Awkward objets
Awkward objets
Awkward objets

« Je me suis livrée à fond à l'étude des problèmes d'équilibre, de volume, d'espace, d'ombre et de lumière. (...) Mon geste s'adresse au corps humain, "cette zone érogène totale", à ses sensations les plus vagues et les plus éphémères. Exalter l'éphémère, dans les replis de notre corps, dans les traces de notre passage. »

Alina Szapocznikow, Sculpture Undone (1955-1972), Wiels Centre d'Art contemporain, Bruxelles et Fonds Mercator, Bruxelles, 2011.
Mise en page : Studio Luc Derycke, Kristien Behets et Thomas Desmet.

Alina Szapocznikow, Awkward Objects, editeeb bby Agata Jakubowka, museum of modern art in Warsaw, 2011.
Design : Ludovic Balland, Typography Cabinet. Mise en page : Ludovic Balland et André Freiermuth. Typographies : Ludwig Pro et Jury Regular. 


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Frédéric Teschner

Série Rue de Paris (Montreuil). 

Chaque image reproduit un bout du monde, un coin de rue, l’empreinte de la ville, cet axe rectiligne de Paris à Montreuil. Tout est réel. Toute vision emprunte. La matière pixels transporte peut-être la poussière de nos modes de captation et de communication, mais elle se revendique du régime du voile, qui se dépose et se recompose, tel un souffle continu de révélations et d’opacités. 

La taille des images, issue d’une grande plaque métallique de zinc et leur texture évoquent les poses organiques de Carnac ou de Stonehenge, où la minéralité se mêle à la frontalité et à l’étrangeté.

Cet ensemble – aggravant par l’action attaquante de l’aquatinte, l’instabilité- s’impose comme une suite logique dans le parcours de Frédéric Teschner, fait de papiers, de sommes paginées, d’installations, de signes qui se raccordent intrinsèquement aux espaces urbains (Ivry, Montreuil, Gennevilliers, Chelles, Le Havre).

Série imprimée par Yann Owens. 


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Textes : Vanina Pinter (vanina.pinter@free.fr) —  Crédits photographiques : Vanina Pinter + Pierre-Yves Cachard
Crédits typographiques : Scala + Scala Sans (Martin Majoor, 1991) + Eilitica ( Jean-Jaques Tachdjian, 2014) + Criptoide (Jean-jaques Tachdjian, 2003)
Conception graphique et développement : Plus+Plus+Égal= (Camille Trimardeau, Marjorie Ober ) Et Kévin Tessier. —  2017 © Tous droits résérvés