L'ensemble de la tribune est sur le blog de Swash formation.
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Début octobre, une étudiante se réfère dans l’ébauche de son mémoire à deux articles0 d’étapes : datant de 2025. Comme je peine à saisir sa pensée écrite, je lis les deux articles. Alors que la pratique de l’étudiante est de qualité et ses raisonnements convaincants, son écrit me, la, se perd. Parfois, pour aider un·e étudiant·e, je repars de ses sources. Visualiser ce qui le.la questionne pour le.la relier à sa pratique. J’ai lu à plusieurs reprises ces deux articles. J’éprouve différentes sensations : dans un premier temps, une certaine jalousie, il y a plusieurs idées que je défends (la recherche, l’engagement du designer, etc) et le texte est écrit avec des tournures lyriques séduisantes, que j’aurais aimé enchaîner avec cette célérité à 25 ans, l’âge où je découvrais le design graphique.
Je suppose que cette structure difficilement identifiable qui n’a, à ma connaissance, jamais pris contact avec les faiseurs d’étapes : (sa rédaction) au moment de la liquidation judiciaire en août 2023, n’a pas les moyens de salarier des journalistes, des critiques.
Je suppose qu’elle emploie des stagiaires. Engager des stagiaires, étapes : (de 1994 à août 2023) l’a toujours fait. Mais étapes : les formait et leurs articles étaient signés. Ici, les articles ne sont signés que d’un prénom. Quel journaliste, si ce n’est un stagIAire non autorisé à avoir un nom, accepterait de ne pas signer de son nom un papier, son travail, sa pensée ?
On y est : l’auteur est enfin « over ». Des organes médiatiques peuvent se débarrasser des patronymes, pseudonymes, d’une caution individuelle. Cependant dans le règne de l’intertextualité, on peut suivre tous les articles du prénom cité. Si l’auteur (intellectuel, travailleur du texte) est mort (ou facultatif), il n’en est pas de même pour la stratégie du clic. Peu importe l’auteur tant qu’on enchaîne les liens de l’attention d’une page sans intérêt à une autre (peu compte le lecteur).
Dans un deuxième temps, ma lecture me plonge dans un brouillard mental. Je lis phrase après phrase. Le texte est parfaitement lisible et je n’y comprends rien. C’est aussi plat que creux. Wonderflatland. D’une clarté confuse. L’argumentation ne repose sur aucun exemple1, aucun écrit (de théoricien.ne), aucune construction raisonnée bien que les phrases s’enchaînent avec une fluidité entraînante. On dévale les phrases courtes d’autant plus aisément que le texte est succinct (il ne faut pas décourager la pensée du lecteur.rice, juste la satisfaire). Ou je pourrai dire l’inverse : le texte repose sur un ensemble mixé, mijoté d’idées précuites qui, jusqu’à satiété, prolongent des idées panégyriques de la valeur du design.........