31 mai 2019 - 09:23
(Trans)dispositifTexte de Tiphaine Lacroix
29 mai 2019 - 15:32
Mémoires DNSEP parcours Éditions 2019

Cette année, huit mémoires. (DNSEP. Parcours Design & Éditions. ESADHaR. Le Havre).

Chaque mémoire est la propriété de l'étudiant, il a été confectionné avec l'équipe pédagogique : Yann Owens - atelier de sérigraphie, Alain Rodriguez, graphiste, Gilles Acézat, graphiste, Sonia Da Rocha, typographie. Et le précieux atelier reliure tenu par Hélène Pitassi.

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C’est à travers la lecture et une étude de livres d’Annie Ernaux que Cloé L'ahelec a posé des mots sur sa pratique (qui lie écriture, dessins, photographies, graphisme). Par un jeu de déplacements et guidée par la prose auto-fictionnelle de l’écrivaine, Cloé L'ahelec inventorie des intentions d’écriture à même de retenir et de révéler le quotidien, d’enregistrer l’instantané de la vie. Il s’agit de « sauver quelque chose du temps où l’on ne sera plus jamais » et d’écouter attentivement l’autre, les autres, même inconnus. Comme faire récit -graphique-  en travaillant à partir de souvenirs, en revenant sur les évènements du passé, en réactivant des photographies ? Dans ce mémoire, il y est question de journaux (intimes et extimes), de traces indicielles, de la saveur d’anecdotes anodines et du bonheur de la lecture.  Dans beaucoup de livres, une.e graphiste trace, par fragments, par jeu de révélations, la vie des autres.
Annie Ernaux évoque souvent la ville de son enfance, Yvetot, à deux arrêts de train du Havre… 

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Savourer l’encre noire de la mélancolie…
Créer à l’ombre de la mélancolie douce…
Louise Humbert s’est plongée dans la lecture de textes des romantiques allemands et de poésies souvent voyageuses. Elle a recherché dans des ouvrages anciens qui décryptaient les flux physiologiques de la bile noire, des remèdes à la mélancolie. Le titre du mémoire, Atrabile, annonce la couleur : la mélancolie dans ses ramifications organiques, ses aspirations littéraires.  À travers ses recherches, Louise Humbert a assumé son attrait pour la mélancolie,  développé sa ligne noire et partagé sa connaissance du dessin contemporain, notamment des romans graphiques, parfois, vides de tout mots. En-deça, s’esquisse une autre révélation, celle du paysage, propice à traduire nos inclinations à la contemplation, au lointain, à l’inatteignable.

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Dans Topologie d’une page,  avec une une quarantaine d’articles thématiques, Blanche Bertrand conte les récits enchevêtrés et en palimpseste de l’histoire de la page. Pourquoi la page reste-t-elle au coeur de nos vies? La page est un outil,  une surface consignant notre passé, des plans, un espace de révélation… Au quotidien, nous la manipulons constamment. La page demeure le propre de l’individu.e, même connecté.e. Ce mémoire conte en creux une rencontre intense et plurielle avec le plaisir de la lecture et ce rapport privilégié de fascination et de production qui se crée au jour le jour entre le.la graphiste et la page.

 

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Dans Mirage, Solène Langlois a développé une réflexion et une écriture qui pouvaient être tout à la fois être clinique, fictionnelle, historique et/ou analytique et qui s’est concentrée autour de quatre clichés.  Quatre images photographiques prélevées parmi des millions qui subrepticement norment, conditionnent nos regards, encadrent nos manières d’être  et de penser : une Une du magazine Play Boy, une photo de famille issue d’une banque d’images, une photographie liée au discours médical et scientifique et enfin, une carte postale érotique provenant d’un quartier de Casablanca, devenu « paradis sexuel ».  À la suite de ces analyses, Solène Langlois a conduit un essai guidé par un esprit drag et les théories du genre, permettant de contrecarrer la nocivité de ces images photographiques par une pratique libératrice et questionnant de quelles manières, un.e graphiste se situe au cœur de ses manipulations.
Une de ces analyses est lisible : https://lundi.am/Solene-Langlais
et l’interview de Sarah Vadé : http://www.t-o-m-b-o-l-o.eu/entrevue/boy-entretien-avec-sarah-vade/

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Sophie Gaudillat a choisi de regarder la télévision et le phénomène de la téléréalité. De multiples genres d’émissions de téléréalité existent et captent au quotidien des milliers de zappeurs et de zappeuses de différentes générations. De nouvelles stars de quinze minutes, s’enchaînent, se déchaînent, et s’exposent à des regardeurs dans une relation où intime et montage s’interfèrent constamment. S’appuyant sur des chiffres, des textes universitaires, Sophie Gaudillat dresse un panorama descriptif. Il s’agit de questionner comment ce « réalitisme » (expression empruntée à Eric Troncy) peut apparaître dans le design graphique et ce que ce phénomène dit de notre rapport au monde contemporain.

 

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L’étude d’Alzéda Bedel s’est centrée sur la figure symbolique du pirate : ce qu’il incarne comme esprit de subversion et de transgression.  Durant le grand essor de la piraterie, certains pirates souhaitaient changer les systèmes économiques condamnant à la pauvreté. Pirater se dit aujourd’hui de l’action de ceux qui changent les mouvements à sens unique d’argent et d’informations. L’ascendant pirate se lit jusque dans la mode, il active un imaginaire multiple. De la subversion au décorum, la figure du pirate est complexe. Elle est invoquée pour mettre en avant des actions : ne pas subir un monde ou des règles sclérosantes.

 

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L’outil fait-il le graphiste ? Le point de révélation de Valentine Puillandre fut une rencontre  avec le collectif Open source Publishing lors d’un workshop. Valentine Puillandre cherche à cerner la force, la magie, les limites de l’outil (en général et spécifiquement) au sein du quotidien, de la pratique, des processus de production des graphistes. Elle s’appuie sur des propos et des cas concrets (Ralph Schraivogel, Étienne Robial, Karl Gestner…) et  beaucoup de documents textuels écrits et initiés par les acteurs des outils libres.

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Xavier Poirier s’est intéressé aux expositions de graphistes sur le graphisme : à la spécificité de ces expositions, aux enjeux qu’elles déclenchent et aux dispositifs scénographiques inventés par les graphistes. Il est parti de ses expériences concrètes d’assistant d’artistes. Il a  réalisé des interviews ayant, notamment pour cadre, Une Saison Graphique.  

 

 

 

21 octobre 2018 - 21:18
DNSEP 2018

Quelques vues des salles et des projets de diplômes de DNSEP en 2018.

Tiphaine Lacroix. Ensemble de productions éditoriales. L'essentiel de son diplôme était guidé par l'idée d'atlas et le système mis au point par Aby Warburg. Une autre série d'éditions questionnait l'archive, le document cinématographique et la scopophilie.

https://www.instagram.com/tiphainelacroix/

Pour lire certains de ses textes : http://formelibre.fr/

 

Ensemble du projet d'Émilie Aurat, qui, à partir d'une réflexion sur le symbole, la survivance de la Sorcière a interrogé la représentation d'invididu(e)s noir(e)s dans la peinture occidentale. Émilie Aurat a travaillé la conception de deux caractères typographiques.

 

Série d'affiches réalisées par Camille Hubert. Ces affiches ne sont qu'un fragment du diplôme de Camille Hubert. La première série interroge la composition des tampons hygiéniques, la deuxième informe sur les différentes possibilités de protections hygiéniques.

 

04 juillet 2018 - 22:54
Un jeu, une boite

@Camille Deriaz 

Travail collectif d'un ensemble d'étudiants : Camille Deriaz, Adel Boumehdi, Cloe Lahelec, Sophie Gaudillat. 

 

À suivre. Le 18 octobre 2018. 

25 mai 2018 - 12:07
Mémoires DNSEP 2018

Mémoires, ESADHaR, 2018.

Mémoires conçus avec l'équipe pédagogique. 

Dysposer les images. Dispositifs polymorphes de la pensée dispersée par Tiphaine Lacroix-Lefever

Interrogeant sa pratique, ses collections d'images, son goût pour les séquences cinématographiques, cette mise en formes est pour Tiphaine Lacroix l'occasion de révéler par l'écriture, des mécanismes parcourant le processus de travail d'une graphiste à travers des concepts précis. Lectrice attentive, copiste compulsive (de phrases) ce mémoire est en parallèle un moyen d'interroger la réflexion citationnelle. 

http://projets.esadhar.fr/tiphainelacroix/

 

Sorcières, elles survivent par Émilie Aurat

Un mémoire de DNSEP peut être une surface réfléchissante, une surface qui va chercher à révéler les fissures, les failles, les espaces de confusion. Emilie Aurat a choisi de questionner la figure de la Sorcière. Symbole passé d’un « Surveiller et Punir » chrétien, symbole féministe (dans les années 1970), signe contemporain régulièrement réactivé pour affirmer les dangers des normes, la Sorcière apparait également comme un « médium » à même de participer à la réappropriation de soi et à la construction d’un travail singulier. D’une curiosité avide, sans cesse remanié, ce mémoire se disperse, se ramifie en de multiples branches (y sont abordés les questions du double, du métissage, de la toxicité… notamment grâce à des échanges avec la commissaire d’expositions Virginie Bobin). Il a été un point de départ pour observer la représentation des Noirs dans la société occidentale, muséale. Le roman de Maryse Condé, Moi, Tituba sorcière relatant l’histoire d’une esclave noire, sorcière de Salem a insufflé un état d’esprit, attentif, inquiet. Certains mémoires ont cette vocation de changer irrémédiablement la vision d’un(e) étudiant(e).

 

Wake up par Juliane Fidon 

Pour cette étude sur la rencontre de la machine et de la musique, Juliane Fidon s’est concentrée sur une période, la naissance de la techno. Il s’agissait pour cette violoncelliste, habituée aux codes d’apprentissage du Conservatoire de pousser les limites de son instrument par la machine, de tester l’improvisation et le dissonant, de brouiller les résonances musicales et visuelles, entre le bruit de la machine et le son sensible et maîtrisé d’un(e) interprète.

 

Réparer Demain par Camille Hubert 

Les problèmes gynécologiques féminins : l’endométriose, la dangerosité des projections hygiéniques, les moyens de contraception : autant de sujets d’utilité publique que Camille Hubert a abordé dans un premier temps par une recherche documentaire à travers trois sources majeures, des articles scientifiques, des blogs et des paroles du vécu des personnes/patientes concernées et, les textes officiels émanant des instances publiques. Pour Camille Hubert, il s’agissait d’être à la confluence du micro - le discours personnel, parfois révélateur et informatif- et du macro - la recherche scientifique ou les structures qui encadrent et parfois défaillent. Réparer demain s’est construit selon une approche journalistique avec une détermination engagée, parfois révoltée. Entre ces deux échelles, c'est en creux un questionnement contemporain sur nos «prises» aux réseaux qui se pose. Le mémoire donne accès à trois affiches (pliées et insérées)  informatives sur ces trois sujets.

 

What a wonderful word, appréhension empirique et sensible de la couleur par Nicolas Trétout 

Dans ses dessins, un jeune enfant emploie toutes les couleurs avec l’avidité de la découverte, puis il est cerné par le rouge de la correction, et il finira, jaune vieillissant. À partir d’observations de son quotidien, Nicolas Trétout tente de comprendre l’apport des couleurs, entre conventions, émotions et poésie.

 

La Vache sérieuse par Laura Burdzy

À George Perec, Laura Burdzy a emprunté son titre La Vache Sérieuse. Dans Je me souviens, Perec évoque que la Vache qui rit a fait un procès à la Vache Sérieuse et l’a gagné. Une vache a disparu. Comment lutter face à la mécanique des grandes marques sans disparaître ou être digérée ? Tel est le questionnement de fond de Laura Burdzy.  À Perec, elle emprunte également des méthodes décortiquantes et se réfère à lui pour observer le quotidien, notre soumission aux choses. Elle s'essaie à épuiser le réel et le quotidien. Cioran structure le livre, comme une pause invitant à la réflexion, au repli. Comment questionner la société de consommation, quand on emprunte le chemin du graphisme et que beaucoup de fenêtres s’ouvrent, presque malgré soi, sur Youtube ?

 

21 mars 2018 - 22:02
mémoires DNSEP 2016 -fin

Les mémoires de : 

 

Marjorie Ober, Voyages du regard dans l'image

Marie HauchecorneLa ville Bleue

21 mars 2018 - 22:00
Mémoires DNSEP 2016 - suite

Les photos suivantes (dans l'ordre) : 

 

Aimy Fae-Sassoletti, À nos futurs.

Caroline Laguerre, Le Grotesque.

Armand Van Mastrigt. Du placard au placard. De l'intime aux théories queer, les errances du design graphique. 

Anouk BerthelotFrustration de la lisibilité

Céline DuboisUtopistarialement vôtre, comme une envie d'équité, de partage et de transmission par l'objet livre

21 mars 2018 - 21:58
mémoires DNSEP 2016

L'ensemble des mémoires de la promotion DNSEP 2016, photographié dans l'atelier reliure d'Hélène Pitassi. 

L'ensemble des mémoires par ordre alphabétique : Anouk Berthelot, Frustration de la lisibilité. Angélique Boudeau, Des cycles et des hommes. Le design graphique peut-il être écologique ? Valentin Daniel, Plate-Formes du récit. Labyrinthes et interactions. Céline DuboisUtopistarialement vôtre, comme une envie d'équité, de partage et de transmission par l'objet livre. Aimy Fae-Sassoletti, À nos futurs. Onur Gulecek, État des lieux. Le Flâneur. Marie HauchecorneLa ville Bleue. Tara Keogh, Le paysage Internet comme surface de projections.  Caroline Laguerre, Le Grotesque. Li Chercheng, Architecture + graphisme. Marjorie Ober, Voyages du regard dans l'image. Maryse Poulvet, Indexer le Monde. Art, catalogue & grille. Kevin Tessier, Un monde de données. Camille Trimardeau, Superflu-, Superflou, Superflux. Armand Van Mastrigt. Du placard au placard. De l'intime aux théories queer, les errances du design graphique. 

 

Les photos suivantes (dans l'ordre) : 

Kevin Tessier, Un monde de données.

Camille Trimardeau, Superflu-, Superflou, Superflux,

Angélique Boudeau, Des cycles et des hommes. Le design graphique peut-il être écologique ?

Maryse Poulvet, Indexer le Monde. Art, catalogue & grille.

Valentin Daniel, Plate-Formes du récit. Labyrinthes et interactions. 

 

21 mars 2018 - 21:46
Diplômes DNSEP 2015Marion Caron
21 mars 2018 - 21:42
Diplômes DNSEP 2015Isabelle Caplain